A la veille de la venue de Michèle Alliot-Marie, le ministre de
la Défense
, le maire Albert Fleming estime « ne rien attendre de cette visite ». Nous avons rencontré le premier magistrat de l'île, avec qui nous avons abordé les différents thèmes d'actualité.
Interrogé sur la visite de Michèle Alliot-Marie, le maire de Saint-Martin reste bref : « Je recevrai le ministre avec courtoisie, mais je n'attends rien de cette visite. Je ne souhaite pas revenir sur les propos malheureux du ministre de
la Défense
lors de l'affaire du gendarme Clin ; c'est du passé, et je suis un homme d'avenir ».
Rappelons que Michèle Alliot-Marie arrive en Guadeloupe aujourd'hui, où elle doit rencontrer le préfet. Elle rejoindra Saint-Martin ce dimanche, où elle se rendra à la caserne des gendarmes. A l'issue de la visite du PSIG, de la brigade nautique et de la brigade mobile, le ministre ira à Marigot afin de rencontrer la brigade de prévention de la délinquance. Une plaque en l'honneur du major Raphaël Clin sera commémorée par le ministre, avant son départ pour
la Martinique.
Pour ce qui est du dossier de l'évolution statutaire, Albert Fleming reste confiant sur sa mise en place, même s'il pense que les délais seront longs. Il est en effet de notoriété publique que les élections pour
la Nouvelle
collectivité risquent d'avoir lieu fin 2007, voire début 2008. « Le gouvernement respectera ses engagements, je n'ai pas de doute à ce niveau », ajoute M. Fleming. Une question se pose toutefois, dans le cas où les échéances électorales se produiraient après les élections présidentielles : si la gauche l'emporte, quel sera l'avenir de l'évolution statutaire ? Pour le maire de la commune, « cela ne changera pas grand-chose dans le fond. Le projet sera mis en place de la même façon, et même si de petites différences en termes de philosophiques politiques peuvent se produire, le statut sera normalement érigé ».
Questionné sur l'action du gouvernement actuel dans le cadre de l'évolution institutionnelle de l'île, Albert Fleming se dit très déçu. « Je trouve que le gouvernement ne s'est pas suffisamment mobilisé pour Saint-Martin, et qu'il a fait preuve d'un certain manque d'intérêt pour ce dossier. Je pense ce manque d'intérêt est lié au fait que le gouvernement a reçu différents interlocuteurs de Saint-Martin, donnant une idée confuse de ce que nous voulions réellement. En outre, le gouvernement estime que nous sommes de mauvais gestionnaires, mais sans essayer de comprendre les raisons du malaise financier ».
Pour le premier magistrat de l'île, la rentrée scolaire sera une nouvelle difficile, notamment en termes de locaux et de situation socio-économique. « Les lycéens reçoivent en Guadeloupe des bons pour la rentrée scolaire, qui sont donnés par
la Région
pour l'achat de livres. Mais pas à Saint-Martin... Dommage que nos lycéens ne puissent pas bénéficier de ce type de réduction ».
Richard Malvasio