Madame le ministre de
la Défense
, Michèle Alliot-Marie, a passé quelques heures à Saint-Martin, dans le cadre d’une visite exclusivement axée sur le « monde de la gendarmerie ». La ministre a manifesté une grande curiosité sur la manière dont les gendarmes vivent et travaillent à Saint-Martin, à travers les visites des différentes brigades qui existent sur l’île. Après plus de quatre heures passées sur le sol saint-martinois, Michèle Alliot-Marie a décollé pour
la Martinique.
Retour
sur ce qui fut un véritable événement dans le milieu de la gendarmerie à Saint-Martin.
Arrivée à 10h en hélicoptère militaire à la gendarmerie de
la Savane
, la ministre de
la Défense
était attendue par une délégation composée notamment du nouveau commandant de la compagnie des Iles du nord, le capitaine Loïc Baras, du maire de Saint-Martin Albert Fleming et du conseiller général Louis-Constant Fleming. Michèle Alliot-Marie a effectué une visite guidée de la caserne, qui a débuté par une présentation de l’île, liée à l’activité de la gendarmerie. Le capitaine Loïc Baras s’est chargé de cette présentation exhaustive, dans laquelle le commandant de compagnie a détaillé la situation géographique, sociale et démographique de Saint-Martin, associant les causes à effets en rapport avec la profession de gendarme. Le capitaine a notamment expliqué que le nombre croissant d’immigrés en situation irrégulière a un impact évident sur l’augmentation d’une certaine délinquance, même s’il a précisé que la délinquance baisse en général sur l’île. « La charge judiciaire est très importante sur l’île, et il existe un refus manifeste de l’autorité », ajoute Loïc Baras, avant de déclaré : « Beaucoup de jeunes n’ont pas d’éducation à la citoyenneté, et des efforts de pédagogie sont à fournir ». Madame le ministre, qui écoutait d’une oreille attentive, a proposé que « ce type de difficultés peut être résolus avec le concours de l’Education nationale, comme cela se pratique en Métropole ». Albert Fleming a souligné le décalage qui existe entre les parents et leurs enfants à Saint-Martin, qui ne facilite pas le dialogue et la prise de conscience des jeunes ».
Le capitaine Baras a poursuivi sa présentation en annonçant les créations du Centre opérationnel de gendarmerie (COG), et de l’antenne de
la Brigade
de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ). Puis il a énoncé les mesures prioritaires de la gendarmerie que sont la construction d’une nouvelle caserne à Marigot, la délinquance et la sécurité routière, avant de détailler les axes sur lesquels les gendarmes doivent accentuer leurs efforts : l’immigration clandestine, la coopération avec Anguille et la partie hollandaise, et le renforcement du partenariat avec les autres administrations. Pour ce qui est de la délinquance, le capitaine a souligné son caractère spécifique, qui est liée à la géographie du territoire, et qu’il a qualifié d’opportuniste. A noter que 170 interpellations d’étrangers en situation irrégulière ont été effectuées pour l’année 2005, et 114 depuis le 1er janvier 2006.
Michèle Alliot-Marie a proposé la création d’une « école des parents », dans laquelle les parents pourraient être informés et sensibilisés sur les problèmes de drogue ou de sécurité routière, afin de transmettre des valeurs à leurs enfants. Madame le ministre a estimé que ces difficultés sont rencontrées dans de nombreuses villes en Métropole, et la création d’écoles des parents est bien reçue par les parents, qui acceptent bien les conseils donnés. Ce à quoi le maire de la commune a répondu « qu’il n’existe pas de solution miracle, et ce qui fait cruellement défaut à Saint-Martin, ce sont les financements de la région Guadeloupe dans le domaine de la formation des jeunes ».
Après plus de deux passées au sein de la gendarmerie à
la Savane
, la ministre de
la Défense
a pris la direction de
la Brigade
de Marigot, accompagnée de sa délégation et des officiels. Une visite de chaque service a été effectuée par la ministre, qui s’est montrée très curieuse sur la manière dont les gendarmes travaillent à Saint-Martin, et, alors que cela n’était pas prévu, madame Alliot-Marie a souhaité visiter un appartement dans lequel vit une famille de gendarme. Les portes d’un appartement se sont ouvertes au passage de la ministre, qui a pu apprécier les conditions dans lesquelles les familles de gendarmes évoluent. Une parenthèse qui a démontré une nouvelle fois l’implication de la ministre dans cette visite, et sa volonté de parfaitement saisir le « monde de la gendarmerie » à Saint-Martin. Symptomatique également, les nombreuses questions que madame le ministre a posé durant sa visite, tant aux officiels qu’aux familles. La visite de la brigade s’est poursuivie avec la plaque commémorative en l’honneur du major Raphaël Clin, décédé dans l’exercice de ses fonctions. Un moment d’émotion s’est emparé des personnes présentes, lorsque Michèle Alliot-Marie a soulevé le drapeau français recouvrant la plaque.
La ministre a ensuite répondu à quelques questions de la presse, revenant sur l’affaire du gendarme Clin ; à ce sujet sensible, elle a répondu que l’enquête judiciaire est en cours, et qu’elle attendait avec « impatience les conclusions de cette enquête, afin que tous les éléments soient élucidés, pour la vérité, et pour tout le monde. Les circonstances qui entourent le décès du gendarme Clin devront également être connues ». Madame le ministre a précisé que l’accueil de la population à l’égard des gendarmes est chaleureux, et que Saint-Martin possède une tradition d’accueil.
Richard Malvasio