« Situation économique et sociale, visite de Michèle Alliot-Marie, délinquance, évolution statutaire », le leader politique du Movement for the Advancement of the People (MAP), Alain Richardson revient sur ces thèmes d’actualité.
« La situation économique dans son ensemble, qui se dégrade de plus en plus chaque mois, et qui fait l’objet d’une inquiétude grandissante et légitime. Les entreprises de la partie françaises ferment leurs portes ou se délocalisent côté hollandais, quant à la qualité de vie des citoyens au quotidien, elle baisse de façon palpable. Je ne vois de possibilité d’amélioration voire de stagnation de cette situation à court et moyen terme, dont les conséquences sont dramatiques tant au niveau économique que social : plus de Rmistes, de personnes marginalisées, de chômage, de précarité, etc. Il faut trouver de solutions rapidement afin d’enrayer ce déclin que l’on subit depuis quatre années environ.
Mon inquiétude se focalise sur une conséquence grave de cette situation, dans le cadre de
la Nouvelle
collectivité, dont les chances de réussites sont compromises par cette dégradation économique et sociale. Le potentiel fiscal s’amenuise au fur et à mesure de cette déchéance, ce qui a pour conséquence de rendre Saint-Martin nettement moins attractive qu’auparavant. De quelles ressources bénéficions aujourd’hui pour relancer la machine économique, et mettre en place les infrastructures indispensables au développement de l’île ?
La Nouvelle
collectivité court à l’échec si nous n’engageons pas dès aujourd’hui dans nos discussions avec l’Etat, un débat sur un accompagnement financier plus important qu’il n’a jusque-là, de l’Etat. Si nous ne parvenons pas à ce résultat, il faudra attendre plus de dix ans pour espérer une lueur d’espoir dans la situation de l’île, alors que les attentes sont énormes et immédiates. Et pour que nous puissions être à même de répondre à ces attentes, il nous faut un calendrier clair pour une meilleure visibilité en terme électoral, et une meilleure visibilité en terme financier.
Sur la visite de madame le ministre de
la Défense
à Saint-Martin, Michèle Alliot-Marie, il est clair qu’elle n’est pas venue à la rencontre de la population saint-martinoise, mais pour visiter la gendarmerie et les gendarmes. Nous aurions également pu attendre de la part de la ministre à une analyse autre que celle qu’elle avait formulée dans le cadre de la mort du gendarme Clin. J’ai noté une formidable contradiction entre les propos qu’elle a tenus à l’époque, et le fait qu’elle ait fait allusion lors de sa visite à Saint-Martin, à la tradition d’accueil qui caractérise l’île. J’estime que par honnêteté intellectuelle, Michèle Alliot-Marie aurait pu dire que les différentes attaques contre Saint-martin n’étaient pas justifiées. Je trouve cela désolant et je pense qu’on n’aurait pu se passer de cette visite ministérielle, même si je partage la joie que les gendarmes ont vécue à travers cette venue.
La population aurait toutefois aimé s’exprimer sur certains thèmes concernant la gendarmerie, et dans le cadre de la création d’une brigade de lutte contre la délinquance juvénile, je trouve anormal que des jeunes saint-martinoise n’en fassent pas partie. Il existe un rapport de méfiance entre les forces de l’ordre et les jeunes, et je pense qu’il eut été judicieux d’intégrer des personnes locales, afin d’assurer un lien de communication plus efficace entre les deux entités. Mais cela n’a pas été fait, alors que la délinquance juvénile est une urgence à Saint-Martin ».
Richard Malvasio