|
|
|
|
|
|
Culture : « Qui est Saint-Martinois ? »
03/09/2006 03:54
Le centre John Larmonie de Philipsburg accueillait vendredi dernier, une conférence organisée par le service culturel du gouvernement de Sint-Maarten, sur le thème « Qui est Saint-Martinois ? ». Cette simple question par sa forme n’en est pas moins subtile dans le fond, et les différents intervenants ont tenté de donner des éléments de réponses au public, curieusement peu nombreux à avoir assisté à ce rendez-vous.
« Les questions les plus intéressantes sont celles qui n’ont pas de réponses », avait déclaré dans les années 90, Jean Edern-Allier lors d’une émission télévisée. « Qui est Saint-Martinois ? » fait partie de ses questions dont les réponses restent très personnelles, et dont il est impossible d’obtenir un consensus ; mais c’est ce qui peut en faire un débat riche, quand le respect et la tolérance sont au cœur des discussions. Étrangement annoncée dans les colonnes de notre confrère, le Daily Herald, cette pleine titrait « Who is a Saint-Martiner ? », on pouvait noter la présence du blason représentant le gouvernement de Sint-Maarten, alors qu’aucun élu de la partie hollandais n’y était présent. Seule une trentaine de personnes s’étaient déplacées afin d’assister à cette conférence, dont il espérait obtenir des informations sur la question essentielle, « Qui est Saint-Martinois ? ». Avec presque une heure de retard, les deux intervenants entrent dans la salle et prennent place afin de débuter leurs allocutions : il s’agissait de Alwyn Bully, spécialiste de la culture caribéenne et membre de l’UNESCO, accompagné de Ruby Figaroa Eckmeyer, secrétaire générale de l’UNESCO. Les débats étaient dirigés par le responsable du département culturel de Sint-Maarten, Neville York.
Alwyn Bully est dans un premier temps revenu sur l’aspect historique de Saint-Martin, et une première polémique s’est engagée autour de l’orthographe de Saint-Martin, dont certains pensent qu’elle devrait s’épeler Sint-Maarten et d’autres Saint-Martin, ou encore Soualiga. Puis, M. Bully a donné une définition de
la Culture
, avec ses missions et objectifs dans une société. Un simple dont les définitions peuvent être très subjectives, mais l’Homme a la vocation d’être subjectif et non objectif, dans la mesure où il est sujet et pas objet.
L'étymologie du mot culture (du mot latin colere, (« habiter », « cultiver », ou « honorer ») suggère que la culture se réfère, en général, à l'activité humaine. Ce mot prend des significations notablement différentes, voire contradictoires, selon ses utilisations.
Le terme (latin cultura) suggère l'action de cultiver, dans le domaine de l'agriculture en particulier : cultiver des fleurs, etc. Dans l'Histoire, l'emploi du mot s'est progressivement élargi aux êtres humains. On note que le terme culte a une étymologie voisine (latin cultus), et qu'il est employé pour désigner l'hommage rendu à une divinité.
La pluralité de définitions donne un sorte de flou à ce terme, qui reflètent les différentes théories pour comprendre ou évaluer l'activité humaine. La définition que peuvent en faire les gouvernements lorsqu'ils fixent sa mission au Ministère de
la Culture
diffère de celle que l'on en donne dans les sciences humaines, ou de celle qui correspond à la culture générale de chacun d'entre nous. « La culture est l'ensemble des connaissances acquises, l'instruction, le savoir d'un individu ». La culture est aussi l'ensemble des structures sociales, religieuses, etc, ainsi que les comportements collectifs tels que les manifestations intellectuelles, artistiques, etc, qui caractérisent une société.La culture comprend ainsi trois grands groupes de manifestations : l'art, le langage, la technique. Par extension (usité en éthologie), la culture désigne tout comportement, habitude, savoir, système de sens (en anthropologie) appris par un individu biologique, transmis socialement et non par héritage génétique de l'espèce à laquelle appartient cet individu.
En résumé, « La culture se définit de cette manière comme un ensemble de connaissances transmis par des systèmes de croyance, par le raisonnement ou l'expérimentation, qui la développent au sein du comportement humain en relation avec la nature et le monde environnant. Elle comprend ainsi tout ce qui est considéré comme acquisition de l'espèce, indépendamment de son héritage instinctif, considéré comme naturel et inné. Ce mot reçoit alors des définitions différentes selon le contexte auquel on se réfère ».
Après avoir donné sa définition de
la Culture
et de ses objectifs, le public poursuit le débat, et une jeune femme née à
la Dominique
mais qui a grandi à Saint-Martin, explique son cas. « Saint-Martin c’est chez moi, je suis une Saint-Martinoise », conclu t-elle. Mais des personnes de l’assistance estime que le fait de grandir à Saint-Martin ne fait pas de cette jeune femme une Saint-Martinoise. Certains ajoutent qu’être né à Saint-Martin n’est pas un critère pour prétendre être Saint-Martin, alors que Alwyn Bully pense le contraire, et demande alors au public qu’est ce qu’être saint-Martinois pour vous. Une femme répond alors : « Il faut déjà l’être depuis trois ou quatre générations ».
M. Bully a expliqué que peuvent être Saint-Martinois les personnes qui le souhaitent réellement, celles qui sont nées à Saint-Martin, ou celles qui sont naturalisées, avant d’ajouter : « Dans le même temps, le Saint-Martinois se doit de : • prendre ses responsabilités dans le cadre du développement humain, régional et national ;
• comprendre la nature de la société saint-martinoise ;
• avoir la connaissance de l’Histoire et de
la Culture
saint-martinoise, se reconnaître en tant que Saint-Martinois ;
• comprendre et parler la langue de Saint-Martin ;
• reconnaître que chacun a un rôle à jouer dans la diversité de la culture saint-martinoise, être tolérant, respecter l’autre et vouloir la paix entre les communautés ;
• comprendre et apprécier les valeurs saint-martinoise ».
Dans ce débat, chacun a présenté son propre cas, tous différents, et il en ressort qu’à la question « Qui est Saint-Martinois ? », tout le monde a une réponse personnelle correspondant à son expérience et à la particularité de sa propre situation. Certains estiment qu’il suffit d’être né à Saint-Martin pour être Saint-Martinois, ou d’aimer l’île, ou d’y vivre depuis plusieurs années, etc. Mais d’autres ne le pensent pas et estiment qu’être Saint-Martinois, cela se mérite et doit se transmettre de génération en génération. Impossible et maladroit de dire qui a raison, puisqu’il existe une multitude de définitions émotionnelles qui appartiennent à chacun, l’important étant que chacun respecte la définition de l’autre.
Autre point important développé par Alwyn Bully, la langue. Toutes les théories sur le nationalisme en conviennent, la langue est un facteur déterminant, sinon exclusif, de la formation d’une Nation : sans une langue, sans une culture sous-tendue par une langue, il n’y a pas de Nation, et Saint-Martin ne fait pas exception à cette règle. Les langues sont une spécicifté indéniable de l’Outre-mer français : comme le rappelle le rapport de Bernard Poignant, remis au Premier ministre le 1er juillet 1998, les créoles sont les langues maternelles les plus répandues sur le territoire de
la République. En
usage dans les départements de
la Guyane
, de
la Guadeloupe
, de
la Martinique
et de
la Réunion
, ces langues régionales seraient couramment utilisées par environ un million de locuteurs créolophones. En Guyane, si plus de 50 % de la population étrangère est francophone, et si 15 langues étrangères sont pratiquées, la population d'origine créole représente encore 40 % de la population totale.
Outre le français, langue officielle, on y pratique :
- le créole guyanais;
- les six langues amérindiennes relevant de trois ensembles linguistiques sud-américains : le galibi (ou kalina) et le wayana de la famille caribe, le palikur et le lokono de la famille arawak, le wayampi et l'émérillon de la famille tupi-guarani ;
- les quatre créoles bushinenge dont trois, l'aluku (ou boni), le ndjuka et le paramaca sont d'origine anglophone et très proches sur le plan linguistique, tandis que le saramaca s'en distingue par son origine anglo-lusitanienne ;
- des langues d'Asie, essentiellement le chinois et le hmong ;
- des langues des nouveaux migrants : portugais, brésilien, créole haïtien, sranan tongo ou créole surinamien.
A
la Réunion
, 95 % des enfants seraient créolophones, et pratiquent deux créoles très différents, celui des Hauts et celui des Bas.
Dans son allocution, M. Bully explique les particularités de ce qu’il a appelé le « Saint-Martin Creol English », un terme repris par le public, qui n’a guère apprécié cette nomination. Il a finalement été retenu le terme de « Saint-Martin English » comme définissant le mieux l’Anglais parlé à Saint-Martin.
Sur le thème de langue, le Martiniquais Edouard Glissant a une pensée intéressante : « Il y a tous les ans des langues qui disparaissent en Afrique. Ça s'est passé à
la Jamaïque
, à Trinidad. L'historien trinidadien James Millet me disait: "Quand j'étais petit si les parents voulaient parler sans que les enfants comprennent, ils parlaient en créole". Ça ne fait pas très longtemps de cela, une quarantaine d'années à peu près. Les langues sont mortelles. Et si le créole est amené à être une langue exotique, folklorique et de complaisance, c'est sûr qu'elle va disparaître aussi. Il faut lutter contre la disparition des langues parce que chaque langue qui meurt c'est une partie de l'imaginaire du monde qui disparaît. Mais ce qui est important c'est qu'il ne faut pas parler sa langue d'une manière monolingue. Il ne faut pas parler dans l'enfermement et l'exclusion de l'autre. Même si on ne connaît aucune langue du monde, il faut que la pratique de sa propre langue soit liée aux autres. C'est ça qui me paraît important dans le cas de
la Guadeloupe
et de
la Martinique. Si
le créole est sauvé, tant mieux. Mais il faut tout faire pour qu'il se sauve. Au temps que j'écrivais Le discours antillais, le créole commençait à se patoiser, à devenir un patois français. Maintenant il semble que ce mouvement ne soit plus irréversible. Il y a des gens qui travaillent à ça ».
C’est à ce moment précis que le président de l’association « L’esprit de Concordia », Leopold James, a fait une longue intervention, afin de donner la vision sur le thème centrale de la conférence, « Qui est Saint-Martinois », et a estimé que « les Saint-Martinois sont les mieux placés pour savoir qui est Saint-Martinois ».
Comme l’avait déclaré le martiniquais Edouard Glissant, « J'aime beaucoup les cultures amérindiennes, qui sont pourtant des cultures ataviques, mais qui disent : Nous ne sommes pas les propriétaires de la terre, nous sommes les gardiens de la terre. Ça ne les empêche pas de se battre pour leur terre. La preuve est qu'ils ont résisté aux Américains.
Il pensait que le fait de s'étendre dans le monde voulait dire qu'on n'a pas d'identité. Pour lui, avoir une identité c’était être enraciné sur son sol. Et cette pensée est très symptomatique de la crainte de devenir des apatrides, comme une espèce de troupe sans patrie qui courrait le monde. Il ne s'agit pas du tout de ça. Mon lieu qui est incontournable, je le relie à tous les lieux du monde sans en excepter un seul, et dès ce moment-là, je sors de l'identité de racine unique et je commence à entrer dans l'identité rhizome, c'est-à-dire dans l'identité relation.
Ce qui frappe c'est que la tendance martiniquaise a toujours été assimilationiste. Je crois que c'est la grande différence entre la colonisation française et anglaise. La colonisation anglaise ne conçoit pas l'assimilation. Les Anglais respectent mieux les peuples. Peut-être parce qu'ils les dédaignent mais ils n'essaient pas de les assimiler et de les rendre pareils à eux-mêmes. Même si un vieil homme indien prend son thé à cinq heures et porte son parapluie, la colonisation anglaise ne passe pas par ce chemin-là. La colonisation française, elle, essaie d'assimiler ».
Neville York fait savoir à la population qu’une autre conférence de ce type sera organisée prochainement.
Richard Malvasio
| |
|
|
|
|
|
|
|
Visite de Michèle Alliot-Marie à Saint-Martin : Les réactions
29/08/2006 22:36
Au lendemain de la visite de madame le ministre de
la Défense
, Michèle Alliot-Marie, à Saint-Martin, nous avons rencontré le capitaine de gendarmerie et commandant de la compagnie des Iles du nord, Loïc Baras, mais également le maire Albert Fleming, ainsi que le conseiller régional Louis Mussington.
Le capitaine Loïc Baras, qui a été un des chefs d’orchestre de cette visite ministérielle, s’est ravi de la nature de ce déplacement centré sur la gendarmerie. Fraîchement nommé à la tête de la compagnie des Iles du nord, ce jeune officier de 33 ans issu de la noble tradition de Saint-Cyr, a pris avec responsabilité et maturité ce poste délicat mais enrichissant. Loïc Baras a reçu avec talent Michèle Alliot-Marie, et nous explique comment il a vécu les quelques heures durant lesquelles la ministre était sur le sol saint-martinois :
« Nous avions préparé cette visite depuis longtemps et dans ses moindres détails, dans la mesure où ce type de déplacement ministériel, dans lequel un ministre vient voir des gendarmes et leurs famille, est très rare. Or, les gendarmes et leurs familles ont été très sensibles à ce geste, et le courant est très bien passé avec madame le ministre. Cette dernière a été particulièrement ouverte au dialogue, ce qui a été très apprécié aussi par les gendarmes que par leurs familles. Lors de la présentation de nos activités à Saint-Martin, Michèle Alliot-Marie a fait un certain nombre de propositions auxquelles je souscris, notamment en termes de sécurité. La responsabilisation des parents, via la création d’une école des parents, serait une très bonne chose, dans la mesure où, dans de nombreux cas, la délinquance est issue d’une lacune de l’éducation des enfants. Il s’agit certes d’un lieu commun, mais lorsque les parents inculquent les valeurs fondamentales à leurs enfants, nous avons moins de difficultés à expliquer aux jeunes de respecter l’autorité et les lois en vigueur. A cet égard, le CLS (NDLR : Contrat locale de sécurité) peut être très efficace, lorsque l’implication de chacun est entière. Dans une affectation précédente, où ce dispositif était mis en place, nous convoquions les parents dont l’enfant était la source de problèmes, en présence du maire de la commune, afin d’expliquer à ces parents pourquoi l’acte de leur enfant n’est pas acceptable. Et l’expérience a montré que cela marchait, puisque nous avons observé une baisse considérable de la délinquance chez les mineurs. En terme de sécurité, je note que depuis cinq ans, la délinquance a baissé à Saint-Martin, et ce, grâce au travail fourni par les gendarmes et la police municipale sur le terrain. La délinquance qui est difficile à enrayer à Saint-Martin est celle que je qualifie d’opportuniste : les personnes qui consomment des drogues et qui ont besoin d’argent pour se fournir leur dose, n’hésitent pas à s’employer de manière peu régulière pour obtenir cet argent. La sécurité routière est également une de nos priorités, comme je l’ai annoncé lors du passage de la ministre. Il s’agit d’un objectif noble puisqu’il faut sauver des vies, et faire en sorte qu’aucune famille ne célèbre Noël en fin d’année, en déplorant un mort ou un handicapé à vie à cause de comportements dangereux sur la route.
J’ajoute à ce sujet que j’envisage très prochainement un renforcement d’actions en partenariat avec la police municipale, afin d’affirmer encore plus notre présence sur le terrain.
Pour revenir à la visite de Michèle Alliot-Marie, je voudrai souligner que l’hommage rendu au major Raphaël Clin a été un moment d’intense émotion.
Cette visite ministérielle a permis de tourner la page d’une année délicate, durant laquelle deux gendarmes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions en six mois, ce qui n’a été évident pour mon prédécesseur.
Pour conclure, je dirai que cette visite a réellement répondu à une attente ; la ministre avait dit qu’elle viendrait, elle est venue, et les gens ont pu découvrir une personne ouverte qui a su ce mettre au niveau de leurs problèmes ».
Conseiller régional dont la couleur politique diffère de celle de la ministre UMP, Louis Mussington était présent lors de la première partie de la visite de Michèle Alliot-Marie, à la gendarmerie de
la Savane.
M.
Mussington tient un discours bien différent que celui livré par le capitaine Loïc Baras, et se dit toujours dans l’attente des excuses de madame le ministre :
« Je dégagerai deux axes dans mon analyse du passage de la ministre : les mesures préconisées comme la création de
la Brigade
de prévention juvénile, ou le renforcement des contrôles routiers sont de bonne augure. Nous sommes dans un Etat de droit, il faut respecter les lois de
la République. Le
dispositif de
la Brigade
de prévention juvénile peut être efficace, et comme l’a souligné le capitaine Loïc Baras, il faut que les gendarmes soient en mesure de communiquer dans la langue des jeunes du pays. Les jeunes qui posent problèmes aujourd’hui sont ceux qui sont en situation d’échec au niveau éducatif, et qui se trouvent marginalisés. Et pour aller vers eux, les gendarmes doivent leur langue afin de mieux communiquer.
Dans un second temps, je ne occulter les déclarations de Michèle Alliot-Marie qu’elle a tenus après le tragique accident qui a coûté la mort du gendarme Raphaël Clin. Je m’attendais à ce que la ministre explique sa prise de position, car Saint-Martin ne méritait pas ces déclarations odieuses. Or, lors de son passage, madame le ministre a bien dit que Saint-Martin avait un tradition d’accueil, ce qui vient contredire les propos qu’elle a pu tenir en début d’année. J’estime qu’elle aurait dû s’excuser, et je pense qu’elle doit toujours le faire devant la population. Ses propos sont venus ternir la réputation de l’île, et je pense qu’elle n’aurait tenu de tels propos en Métropole sans avoir attendu les résultats de l’enquête.
Richard Malvasio
| |
|
|
|
|
|
|
|
Evénement : La visite de Michèle Alliot-Marie à Saint-Martin
28/08/2006 00:11
Madame le ministre de
la Défense
, Michèle Alliot-Marie, a passé quelques heures à Saint-Martin, dans le cadre d’une visite exclusivement axée sur le « monde de la gendarmerie ». La ministre a manifesté une grande curiosité sur la manière dont les gendarmes vivent et travaillent à Saint-Martin, à travers les visites des différentes brigades qui existent sur l’île. Après plus de quatre heures passées sur le sol saint-martinois, Michèle Alliot-Marie a décollé pour
la Martinique.
Retour
sur ce qui fut un véritable événement dans le milieu de la gendarmerie à Saint-Martin.
Arrivée à 10h en hélicoptère militaire à la gendarmerie de
la Savane
, la ministre de
la Défense
était attendue par une délégation composée notamment du nouveau commandant de la compagnie des Iles du nord, le capitaine Loïc Baras, du maire de Saint-Martin Albert Fleming et du conseiller général Louis-Constant Fleming. Michèle Alliot-Marie a effectué une visite guidée de la caserne, qui a débuté par une présentation de l’île, liée à l’activité de la gendarmerie. Le capitaine Loïc Baras s’est chargé de cette présentation exhaustive, dans laquelle le commandant de compagnie a détaillé la situation géographique, sociale et démographique de Saint-Martin, associant les causes à effets en rapport avec la profession de gendarme. Le capitaine a notamment expliqué que le nombre croissant d’immigrés en situation irrégulière a un impact évident sur l’augmentation d’une certaine délinquance, même s’il a précisé que la délinquance baisse en général sur l’île. « La charge judiciaire est très importante sur l’île, et il existe un refus manifeste de l’autorité », ajoute Loïc Baras, avant de déclaré : « Beaucoup de jeunes n’ont pas d’éducation à la citoyenneté, et des efforts de pédagogie sont à fournir ». Madame le ministre, qui écoutait d’une oreille attentive, a proposé que « ce type de difficultés peut être résolus avec le concours de l’Education nationale, comme cela se pratique en Métropole ». Albert Fleming a souligné le décalage qui existe entre les parents et leurs enfants à Saint-Martin, qui ne facilite pas le dialogue et la prise de conscience des jeunes ».
Le capitaine Baras a poursuivi sa présentation en annonçant les créations du Centre opérationnel de gendarmerie (COG), et de l’antenne de
la Brigade
de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ). Puis il a énoncé les mesures prioritaires de la gendarmerie que sont la construction d’une nouvelle caserne à Marigot, la délinquance et la sécurité routière, avant de détailler les axes sur lesquels les gendarmes doivent accentuer leurs efforts : l’immigration clandestine, la coopération avec Anguille et la partie hollandaise, et le renforcement du partenariat avec les autres administrations. Pour ce qui est de la délinquance, le capitaine a souligné son caractère spécifique, qui est liée à la géographie du territoire, et qu’il a qualifié d’opportuniste. A noter que 170 interpellations d’étrangers en situation irrégulière ont été effectuées pour l’année 2005, et 114 depuis le 1er janvier 2006.
Michèle Alliot-Marie a proposé la création d’une « école des parents », dans laquelle les parents pourraient être informés et sensibilisés sur les problèmes de drogue ou de sécurité routière, afin de transmettre des valeurs à leurs enfants. Madame le ministre a estimé que ces difficultés sont rencontrées dans de nombreuses villes en Métropole, et la création d’écoles des parents est bien reçue par les parents, qui acceptent bien les conseils donnés. Ce à quoi le maire de la commune a répondu « qu’il n’existe pas de solution miracle, et ce qui fait cruellement défaut à Saint-Martin, ce sont les financements de la région Guadeloupe dans le domaine de la formation des jeunes ».
Après plus de deux passées au sein de la gendarmerie à
la Savane
, la ministre de
la Défense
a pris la direction de
la Brigade
de Marigot, accompagnée de sa délégation et des officiels. Une visite de chaque service a été effectuée par la ministre, qui s’est montrée très curieuse sur la manière dont les gendarmes travaillent à Saint-Martin, et, alors que cela n’était pas prévu, madame Alliot-Marie a souhaité visiter un appartement dans lequel vit une famille de gendarme. Les portes d’un appartement se sont ouvertes au passage de la ministre, qui a pu apprécier les conditions dans lesquelles les familles de gendarmes évoluent. Une parenthèse qui a démontré une nouvelle fois l’implication de la ministre dans cette visite, et sa volonté de parfaitement saisir le « monde de la gendarmerie » à Saint-Martin. Symptomatique également, les nombreuses questions que madame le ministre a posé durant sa visite, tant aux officiels qu’aux familles. La visite de la brigade s’est poursuivie avec la plaque commémorative en l’honneur du major Raphaël Clin, décédé dans l’exercice de ses fonctions. Un moment d’émotion s’est emparé des personnes présentes, lorsque Michèle Alliot-Marie a soulevé le drapeau français recouvrant la plaque.
La ministre a ensuite répondu à quelques questions de la presse, revenant sur l’affaire du gendarme Clin ; à ce sujet sensible, elle a répondu que l’enquête judiciaire est en cours, et qu’elle attendait avec « impatience les conclusions de cette enquête, afin que tous les éléments soient élucidés, pour la vérité, et pour tout le monde. Les circonstances qui entourent le décès du gendarme Clin devront également être connues ». Madame le ministre a précisé que l’accueil de la population à l’égard des gendarmes est chaleureux, et que Saint-Martin possède une tradition d’accueil.
Richard Malvasio
| |
|
|
|
|
|
|
|
Hôtellerie : Ouverture du « Westin Dawn Beach Resort & Spa » en décembre prochain
26/08/2006 21:41
Après notre annonce de l’inauguration officielle du nouvel aéroport de Juliana en novembre 2006, nous vous présentons aujourd’hui le « Westin Dawn Beach Resort & Spa », dont l’ouverture est prévue en décembre prochain. Nous avons rencontré le directeur du projet, Raymond Hicks, qui vous les informations essentielles liées à cette impressionnante construction, dont les nostalgiques regretteront le sauvage révolu de cette plage.
Situé au bord de la plage de Dawn Beach à Oyster Pond, « le Westin Dawn Beach Resort & Spa est à l’aube de devenir l’un des plus luxurieux hôtels de l’île », selon Raymond Hicks, directeur du projet, qui travaille pour la société « Columbia Sussex Corporation », propriétaire et manager de la propriété. Cette société possède et développe également 85 hôtels dans le monde. Quant à « Westin Hotels & Resorts », le groupe dénombre 121 hôtels répartis dans 31 pays.
Ce dernier ajoute que le futur hôtel comportera 317 chambres, un casino, un restaurant européen, un spa, et une piscine au bord de la plage. Du grand luxe pour ce complexe hôtelier dont l’ouverture coïncide quasiment avec celle du nouveau terminal de l’aéroport Princess Juliana, mais également avec le début de la saison touristique. « Les travaux ont débuté en avril 2005 », nous confie Raymond Hicks, qui se ravit de la rapidité de la construction, qu’il explique par la qualité de la direction. Ce dernier ajoute que des réservations sont déjà enregistrées, et que les restaurants ainsi que la casino seront ouverts au public. Le « Westin Dawn Beach Resort & Spa » sera un des rares hôtels de la partie hollandaise qui ne fonctionnera pas avec le système « Timeshare », et n’aura de fait pas de concurrence à Sint-Maarten, au regard de l’unicité de ce produit hôtelier.
Pour Sue Brush, vice présidente de Westin Hotels & Resort, « Ce futur hôtel entre notre politique d’expansion dans la région Caraïbe, et nous sommes ravis d’être présents à Sint-Maarten, un des lieux tropicaux les plus appréciés en termes de vacances ».
Pour le président de la société « Columbia Sussex Corporation », William Yung, « Nous avons construits diverses propriétés de ce type dans les Caraïbes, et notre nouvel hôtel de Sint-Maarten nous permet d’avoir une nouvelle expérience dans le développement de Resorts ».
Au-delà de ces 317 chambres, le « Westin Dawn Beach Resort & Spa » propose également des salles de conférence, ce qui le rend idéal pour tous types de cérémonies, mais aussi pour les mariages ou les lunes de miel. Sur le nombre total de chambres, 99 seront des « trois chambres residences », et le l’hôtel proposera un panel de chambres allant de celles dites « standards », à celles comportant 5 étoiles avec jacuzzi, quatre chambres, piscine privée, etc.
Raymond Hicks tient à rappeler d’une part que la construction nécessite la contribution de nombreuses sociétés, dont la majorité sont des entreprises locales ; d’autre part, l’hôtel a déjà débuté le recrutement de personnels pour les divers postes à pourvoir au sein de l’établissement, et que des Saint-Martinois ont été retenus pour leur participation aux formations correspondant aux futures emplois. Ce, afin de montrer l’impact indéniable que peut avoir la construction d’un tel Resort sur la partie hollandaise de l’île, en termes économique et social.
La société « Columbia Sussex Corporation » a investi 120 millions de dollars dans ce projet immobilier.
Richard Malvasio
| |
|
|
|
|
|
|
|
Sint-Maarten : L’Office de tourisme créé un bulletin trimestriel
26/08/2006 01:42
Afin d’éclairer la population et les touristes sur les développements de l’île, l’Office de tourisme de la partie hollandaise a créé un bulletin trimestriel, une « Newsletter », qui n’existe pour l’instant que sous forme de courrier électronique.
« At your service », c’est le nom de cette newsletter éditée par l’Office de tourisme de Sint-Maarten. Pour le moment, ce bulletin n’est pas encore publié sous forme papier, mais est envoyé à de nombreuses personnes, touristes et résidents, via un courrier électronique. Pour le commissionnaire au tourisme, Theo Heyliger, « Je suis confiant sur l’efficacité de cet outil, dont l’utilité sera très rapidement comprise par les lecteurs. Beaucoup de choses se passent sur notre « Friendly Island », et dernièrement les développements du port et de l’aéroport, qui contribuent à l’amélioration de la qualité de services que nous pouvons offrir aux visiteurs. Parallèlement, nous contribuons au « relooking » de Philipsburg, afin d’améliorer la qualité de vie des résidents et le séjour des touristes ». Regina Labega, directrice de l’Office de toutisme de la partie hollandaise, se réjouit de la création de ce bulletin, qui s’adresse essentiellement aux touristes, mais également aux propriétaires de sociétés et aux résidents. Nous attendons vos suggestions pour l’amélioration de cette newsletter, ou vos questions, auxquelles nous tâcherons de répondre ».
Dans cette première édition de « At your service », vous pouvez trouver des informations sur le salon SMART, qui s’est déroulé le 12 mai dernier. Le bulletin trimestriel revient sur cet événement important pour la destination Saint-Martin, avec des participants venus des Etats-Unis, d’Amérique du Sud, des Caraïbes et d’Europe.
Autre sujet développé, la quatrième édition du « Book Fair », événement important dans le calendrier culturel de l’île, qui s’est déroulé en juin dernier. Rappelons que le « Book Fair » est organisé par la fondation « Conscious Lyrics » et « House of Nehesi Publishers », en collaboration avec l’Université de Saint-Martin (USM). Il rassemble poètes, historiens, et penseurs, venus de différents horizons, qui exposent leurs travaux.
Autre thème que l’on trouve dans
la Newsletter
de l’Office de tourisme, le développement de l’aéroport de Juliana, qui devrait être opérationnel le mois prochain (NDLR : vous trouverez les détails sur le nouveau terminal dans cette édition du Saint-Martin’s Week).
Vous pouvez retrouvez la newsletter « At your service » sur le site www.st-maarten.com.
Richard Malvasio
| |
|
|
|
|